Rousseau François

De Ecole normale de l'an III
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Notice

-- ROUSSEAU François* (Villalier, 22 avril 1758 – Marseille, 26 décembre 1847), fils de Nicolas, ancien officier de l’évêque, et de Gabrielle Maffre, est nommé le 28 brumaire par le district de Carcassonne. Bien que son nom ait été rayé du registre et remplacé par celui d’A. Coumes, on le retrouve à Paris parmi les signataires de la pétition du 2 germinal.

Étudiant en droit canon à l’Université de Toulouse, il s’inscrit pro prima vice à la rentrée 1780 et pro nona vice en 1783 avant de passer son baccalauréat le 24 décembre 1783. Ordonné prêtre en 1784, prieur-prévôt de Millegrand, il se livre en même temps à l’éducation particulière ; assermenté, membre de la Société des Amis de la Constitution de Carcassonne, il est élu curé constitutionnel de Villalbe. Auteur d’une traduction française du Prince de Machiavel dédiée à la Nation (Carcassonne, 1791) en préface de laquelle il indique que « si mon état m’interdit l’usage des armes matérielles, il m’en laisse d’autres qui ne tendent pas moins efficacement à l’extermination des tyrans » il prononce le 18 novembre 1793 un Discours au mariage de Cazanobe, vicaire de Carcassonne (Carcassonne, 1793). Lui-même épouse civilement et religieusement à Villalbe, le 13 février 1794, Antoinette-Christine Coupy, ci-devant religieuse de Sainte-Marthe originaire de Limoux, et se rend le 21 floréal an II – 10 mai 1794 au secrétariat du district de Carcassonne pour annoncer qu’il « renonce pour toujours à son état, titres et fonctions de prêtre et de curé et à tout exercice quelconque du culte catholique, et qu’il les abdique » et « se réserve et veut profiter de la pension de 800 livres que la loi lui accorde ». Il se retire alors de Carcassonne pour résider à Toulouse.

Dans ses états de services datant de la Restauration, il déclare avoir tenu une école (particulière) de mathématiques et de belles-lettres jusqu’à l’an 12 sans préciser sa localisation et il dit en 1818 avoir « été douze ans chef de bureau dans des administrations principales à Toulouse et à Paris en qualité de rédacteur de correspondance et de contrôleur de comptabilité ». Un arrêté du préfet de la Seine, en date du 16 pluviôse an 12 l’autorise à ouvrir une maison d’éducation particulière dans le 10e arrondissement de Paris, le jury d’instruction publique attestant qu’il est « en état d’enseigner avec distinction à la jeunesse la lecture, la grammaire générale, le latin, le français, l’italien, l’espagnol, la littérature, la tenue des livres, la géographie et les mathématiques ». En 1803, il fait réhabiliter son mariage par le légat Caprara. Ruiné à la suite de la perte d’une créance qui aurait dû lui permettre de donner une plus grande extension à son établissement, il accepte par décret impérial du 11 janvier 1808 sa nomination comme professeur de première et deuxième classe de mathématiques au lycée de Bruges ; il est nommé professeur de mathématiques spéciales au lycée de Pau en décembre 1809, leçons auxquelles il ajoute celles de physique à partir de septembre 1811, ce qui lui donne un supplément de 400 francs à son traitement annuel de 1500 francs. Il est rattrapé par son passé révolutionnaire à la Restauration : destitué sans motifs à la fin de 1814, il est mis en état de non activité par un arrêté du Grand Maître Fontanes le 13 février 1815 avec un traitement de 1000 francs, puis mis d’office à la retraite le 2 novembre 1818 par la Commission de l’Instruction publique avec une pension de 500 francs. Ses protestations amères, qui recourent à une citation de saint Ambroise, familière aux orateurs sacrés, ne modifieront pas une décision qui fut d’abord politique : « Ma destitution m’a déjà privé de la moitié de mon traitement fixe et de la totalité de l’éventuel [c’est-à-dire le traitement supplémentaire]. L’insuffisance de ce qu’elle m’a laissé m’a précipité dans la classe des pauvres, sans qu’il me soit permis d’y suppléer par l’enseignement, mon unique moyen […] Vous savez que ce n’est point par défaut d’aptitude, d’activité, d’exactitude, de bonne conduite que j’ai cessé d’être en fonctions. Ma destitution fut un acte violent que l’Université crut dans l’ordre de ses intérêts, quoique contraire aux miens » (lettre du 13 septembre 1818 à la Commission). Il note en mai 1819, dans une lettre à Royer-Collard, président de la Commission : « En me rejetant de l’instruction publique, on m’a privé même d’élèves particuliers, parce que dans une ville de huit mille habitants, la confiance dont j’étais honoré m’a bientôt été refusée, depuis que celle de l’autorité ne l’a plus soutenue, en sorte que chaque année, mes ressources ont été réduites tandis que les besoins de ma famille devenaient plus grands. […] L’Université ne pourrait être indifférente sur cet objet sans me réduire au désespoir, sans encourir le reproche non pavisti, occidisti, et celui d’avoir livré mes enfants à l’hôpital et à la mendicité. ». Le 24 septembre 1819, il annonce qu’il quitte désormais Pau pour Marseille où il meurt en 1847.

Sources

[AD Aude – 2 L 11 ; BIUT – mss 53-54, 57 ; AN – C 338, dossier 1597 ; AF IV 1904 d.5 p.27 ; F17/21661/A ; A. Sabarthès, Histoire du Clergé de l’Aude de 1789 à 1803, Carcassonne, 1939, p. 380-381 ; X. Maréchaux n° 3714 ; P. Villan, Histoire sociale des étudiants carcassonnais (1679-1789), Mémoire de maîtrise, Université de Toulouse-Le Mirail, vol.2, p. 295 n°238]