Trobert Pierre-Marie

De Ecole normale de l'an III
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Notice

--TROBERT Pierre-Marie, natif de Châteauneuf-du-Faou, est nommé concurremment le 1er frimaire par le district de Landernau et, le 15 frimaire suivant, par le district de Morlaix. Nommé par arrêté de Prieur de La Marne du 25 messidor an II – 13 juillet 1794 instituteur de la langue française à Plougoulm, il est alors âgé d’environ 37 ans et refuse par une lettre du 16 frimaire dans laquelle il « prie l’administration d’agréer ses excuses de ne pouvoir entreprendre le voyage de Paris. »

Élève du collège de Quimper où il est dit avoir fait « les plus brillantes études », maître de mathématiques à Morlaix, il est installé le 15 février 1792, au moment du remplacement des professeurs réfractaires au serment, par le conseil municipal de Saint-Pol-de-Léon comme professeur de physique au collège de la ville où il est connu « pour avoir de grande connaissances en physique et en mathématiques » et prête immédiatement serment. Il entre comme notable à la municipalité en mars 1792, devient rapidement officier municipal, puis maire en août 1793. Le 18 août de cette même année, il est nommé professeur de mathématiques à l’école d’hydrographie poste qu’il occupe jusqu’en prairial an II. Le 30 octobre suivant, il est élu par la municipalité au Comité de surveillance. Dans une lettre écrite par la municipalité le 26 décembre 1793 aux représentants en mission présents à Brest, il est souligné que Trobert, « n’ayant point d’écoliers », a donné « depuis deux ans » tout son temps à l’administration Le 20 nivôse an II (10 janvier 1794) il prononce dans la cathédrale de Léon transformée en temple de la raison un discours dont nous ne reproduisons que l’exorde : « Citoyens, nous pouvons donc enfin respirer un air plus serein. Les orages dévastateurs qui, amoncelés sur nos têtes, menaçaient d’une nuit éternelle l’aurore de notre régénération, se dissipent en éclats impuissants, ou plutôt leurs coups les plus terribles sont retombés sur les monstres eux-mêmes dont les exhalaisons pestiférés leur avaient donné naissance. La Liberté, la Raison, l’Égalité vont enfin sortir triomphantes de leur combat à mort contre la tyrannie, le fanatisme et l’aristocratie. En vain la noire perfidie leur a prêté ses horribles secours. En vain se produisant sous mille formes différentes, ce dernier monstre a-t-il attaqué à la fois, nos villes, nos ports, nos armées, nos départements ; le génie vivifiant de la France s’est élancé de la Sainte Montagne, l’a poursuivi, atteint et frappé victorieusement au milieu de ses affreux succès. Victoire, citoyens, c’est en ce moment que ce cri nous est permis. Étendons nos regards sur toute la surface de la République ! Vendée ! Que sont devenus tes bataillons fanatiques, tes armées parricides ? Tu as cruellement déchiré le sein de ta mère, mais ton atrocité a trouvé son juste supplice. Tu t’es vu condamnée à dévorer tes propres enfants ». Il quitte la charge de maire au moment de sa nomination comme instituteur de langue française.

Sources

[AD Finistère – 100 J 513 ; 100 J 543 ; 16 L 2 ; 16 L 5 ; 5 ; 26 L 147 ; L. Ogès, L’instruction dans le Finistère pendant la Révolution, s.d., p. 58 ; J. Tanguy abbé, Aperçu historique sur la paroisse de Plougoulm, Morlaix, s.d., p. 206-207 ; du même auteur, Une ville bretonne sous la Révolution Saint-Pol-de-Léon, Brest, 1903, p.144-145, 151, 208-209, 212-214, 216-217 et 223-225]