Demore Jean-François

De Ecole normale de l'an III
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Notice

-- DEMORE Jean-François (Toulon, 23 octobre 1764 -), fils de François, procureur au siège et sénéchaussée de Toulon, et d’Élisabeth-Rose Arnaud, est nommé le 7 frimaire par le district de Toulon-Le Beausset. Il est alors employé dans les bureaux de l’Arsenal et refuse sa nomination.

Ses études d’humanités, rhétorique et philosophie faites au collège de l’Oratoire de Toulon, il entre le 14 novembre 1783 à la Maison d’Institution de l’Oratoire à Aix-en-Provence : « Les Oratoriens, raconte-il, l’accueillirent dans leur sein avec empressement. On lui épargna, en considération de ses dispositions connues, l’ennui et le dégout de régenter ce que l’on appelait les basses classes. À peine sorti de la Maison d’institution ou du noviciat de l’Oratoire, ses supérieurs l’envoyèrent professer la quatrième dans le collège de Pézenas où il se consacra avec une nouvelle ardeur à l’étude des belles lettres. Ses premiers loisirs furent employés à entreprendre une traduction en vers des Odes d’Horace [...] Trois ans après, il fut chargé d’enseigner la rhétorique à Condom. Il s’en acquitta avec grands applaudissements de ses confères et de la Ville. Son talent ayant mûri, il célébra dans les lieux qui avaient été le théâtre de l’enfance d’Henri IV cet ancien Roy français (c’était en 1789). Il profita des ouvertures que lui donnait son sujet pour manifester ses principes révolutionnaires. L’impression de son discours fut demandée. La réputation qu’il lui fit, jointe à celle qui lui méritent [sic] à leur tour plusieurs petits poèmes répandus dans le public [...] lui ouvrit les portes du Musée de Bordeaux [...] et lui concilia l’estime et l’attachement du célèbre Sicard qui en était alors le secrétaire, le même qui est aujourd’hui professeur à l’école normale, et instituteur des sourds et muets à Paris [...] La même année un de ses poèmes reçut la mention honorable à l’Académie des jeux floraux. [...] Les supérieurs généraux de l’Oratoire voulant procurer à l’exercice de ses talents un théâtre plus étendu le chargèrent de la chaire d’éloquence de l’école nationale et militaire de Tournon, l’une des plus célèbres de leur congrégation. C’est là que Demore donna tout à la fois des preuves plus éclatantes de son double amour pour les lettres et pour la Révolution. Ayant été visiter à Oullins, près de Sion, le tombeau du célèbre Thomas son ami, il en rapporta le dessein de rendre aux talents et aux vertus de cet illustre orateur un hommage solennel. Il exécuta ce dessein dans un Éloge oratoire [...] qui, en honorant son esprit et son cœur, le fit placer à Tournon parmi les amis les plus ardents et les plus éclairés de la Révolution française. Cet éloge encore manuscrit devait être imprimé à la tête d’une nouvelle édition des œuvres de Thomas dont plusieurs gens de lettres s’occupaient à Paris, et qui a été depuis suspendue. C’est alors que sa renommée littéraire et son civisme firent désirer aux administrateurs du département de l’Ardèche de le voir sous-principal du collège d’Aubenas [...]. L’attachement de Demore pour ses confrères et pour l’école de Tournon, ne lui permit pas de se rendre à cette honorable invitation. Il continua d’enseigner la rhétorique dans cette école jusqu’à la fin de 1793. [...] Les malheurs attirés sur Toulon sa patrie par la plus horrible des contrerévolution, ayant laissé sa mère infirme, deux sœurs et un frère dans un âge encore tendre, sans appui et sans ressources, Demore se vit forcé tout à coup de renoncer à la chaire et aux charmes qu’il trouvait depuis onze ans dans la culture des lettres et dans la noble carrière de l’enseignement, pour voler auprès d’eux et les défendre de la misère et de la faim. Il offrit en conséquence la démission de sa place de professeur d’éloquence à la municipalité de Tournon [...] Ayant cherché inutilement à Toulon où toutes les institutions littéraires et scientifiques avaient été renversées, un poste analogue à celui qu’il venait de quitter, il entra comme employé extraordinaire dans les Bureaux civils de la marine. Là, ayant eu apparemment le bonheur de prouver par ses efforts et par son zèle qu’au fond, comme l’a dit Voltaire, l’esprit des affaires et le véritable esprit des belles lettres est le même, il a été promu au grade d’employé principal par l’organisation qu’a faite dans la marine de plume le Représentant du peuple Jean Bon St André ».

Sources

[AD Var – 1 L 1733 ; 1 L 1734 ; AN – F17/1358]