Bienvenüe Louis-René

De Ecole normale de l'an III
Aller à : navigation, rechercher
Found a typo? Just edit it.
Notice

-- BIENVENÜE Louis-René* (Plancoët, 29 janvier 1760 – Saint-Brieuc, 4 avril 1835), fils de Louis et de Marianne Maréchal, est nommé par le district de Lamballe. Résidant à Lamballe, il est alors secrétaire en chef du district. Son épouse, Marie-Anne Couessurel de la Brousse (1768-1811), écrit à l’administration, le 29 frimaire an III – 19 décembre 1794, que désormais « rien ne la retient plus en cette commune » : elle décide de « se retirer à Moncontour son pays natal où elle déclare pour son mari fixer son domicile à compter de ce jour ».

Avocat et procureur fiscal du marquisat de Trans avant la Révolution, « Citoyen actif » de Saint-Brieuc, volontaire, il est Commissaire national près le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc lorsqu’il rédige et adresse en 1791 un Projet d’institution publique et nationale à l'Assemblée Constituante, qui est un plan général de réforme de l'instruction publique(11 p.). Il s’agit de « propager l’esprit public » et de faire « disparaître ces gothiques établissements appelés collèges où l’on passait neuf à dix ans de sa vie à apprendre mal des choses inutiles, où l’homme ne voyait, n’entendait rien qui fût à l’usage de la société qu’il devait servir d’où il sortait la tête pleine de préjugés absurdes ou dangereux et d’où, lancé dans le monde, le plus sage se hâtait d’oublier ce qu’il avait appris ». rappelant que les premières qualités d’un instituteur public sont « les bonnes mœurs, le patriotisme et les talents », il estime que les chaires d’enseignement doivent être dotées d’honoraires suffisants, leur niveau augmentant avec la taille des villes concernées, « pour fixer des hommes à talents » et qu’elles doivent être attribuées par la voie d’un concours rigoureusement anonyme. Trois niveaux d’enseignement sont prévus : au chef-lieu de canton, une école où les enfants apprennent à lire, écrire, un peu d’arithmétique et recevraient « de justes idées de la Constitution du royaume » ; au chef-lieu de district deux maîtres « qui enseigneraient la langue française et donneraient de la latine assez de connaissance pour mettre les élèves en état d’entendre et de consulter les bons auteurs de l’Antiquité ; au chef-lieu de département quatre chaires ; une de chronologie, d’histoire et de géographie, une d’éloquence et de poésie, une de philosophie (« douce, ferme, raisonnable que produit la recherche de la vérité qu’elle enfante »), une de physique.

Membre puis président (août 1793) de la Société populaire et républicaine de Lamballe, lieutenant d’une compagnie franche qui participe à la défense de Granville, il devient chef de bureau dans l’administration du département avant de rejoindre l’administration du district de Lamballe.

Signataire des pétitions du 24 germinal et du 17 floréal (son paraphe est enrichi de trois points maçonniques), de retour de l’école normale, il demande un secours qui le mette à même d’écrire l’histoire de la guerre des Chouans (an V – an VI). « Homme de loi », il exerce en 1802 les fonctions de juge de paix à Saint-Brieuc, siège au jury d’instruction publique (1807) et devient juge au Tribunal civil de la ville. Élu le 14 mai 1815 représentant des Côtes-du-Nord à la Chambre des Cent Jours, il est destitué lors de la Restauration et se fait avocat à Saint-Brieuc jusqu’à sa nomination en 1830 à la vice-présidence du Tribunal de Saint-Brieuc où il décède en 1835.

Il est l’auteur d’une Réponse à l’écrit de Robert de La Mennais… sur l’enseignement mutuel, publiée à Saint-Brieuc en 1819.

Sources

[AD Côtes du Nord – 5 L 128, 101 L 128, 1 M 255, 29 L 8 ; AN – F17/1398 ; F17/1310 d.5 ; D XXXVIII, 1, dossier 11 ; F17/9558 ; R. de Saint-Jouan, Dictionnaire des communes des Côtes-d’Armor ; J. Pascal, Dictionnaire des députés bretons de 1789 à 1983 ; L. Bergeron, G. Chaussinand-Nogaret (dir), Grands notables du Premier Empire, t.14, Côtes du Nord, par Jean Martin, Paris, CNRS, 1986, p.127 ; Harten 1989, n°197]