Berriat St Prix Jacques

De Ecole normale de l'an III
Aller à : navigation, rechercher
Found a typo? Just edit it.
Notice

BERRIAT SAINT-PRIX Jacques* (Grenoble, 22 septembre 1769 – Paris, 4 octobre 1845), fils de Pierre, procureur au baillage de Grésivaudan et de Françoise Trousset, est nommé élève par le district de Grenoble le 18 frimaire. Le certificat qui lui est remis à son départ le 8 nivôse suivant porte « […] vingt-cinq ans taille de cinq pieds quatre pouces, front découvert, yeux bruns, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage rond [illisible], cheveux et sourcils bruns. […] Le Citoyen Jacques St Prix Berriat de Grenoble est un de ceux qui se sont fait inscrire ; que d’après les avis et renseignements qui ont été pris sur la moralité, le patriotisme et les talents de ce citoyen il est constant que ses mœurs sont pures ; que depuis le principe de la Révolution il a donné des preuves d’un zèle ardent pour la chose publique et des principes les plus républicains ; qui est également constant qu’il s’est livré dès son plus bas âge à l’étude de l’histoire, de la morale, de la géographie et des autres sciences utiles […] ».

Après des études au collège Royal-Dauphin à Grenoble chez les Joséphites, il s’initie au droit par des leçons particulières auprès de Benoît Pal, tout en allant prendre ses huit inscriptions en une seule fois et passer ses examens de bachelier à l’université d’Orange en octobre 1787, comme c’était la coutume de le faire pour les étudiants de la capitale dauphinoise dépourvue de toute université, et prendra ensuite la licence de la même façon. Il étudie également les sciences naturelles et la médecine à l’Hôpital de la Charité de Grenoble. Membre et secrétaire (avril 1790) de la Société des Amis de la Constitution de Grenoble, il est envoyé à Paris comme délégué de la Garde nationale de l’Isère à la fête de la Fédération. Il exerce alors la fonction de défenseur officieux puis devient chef du bureau du clergé et des contributions à l’administration du district de Grenoble. Candidat en 1792 pour un emploi de commissaire des guerres, il est admis lors du concours mais sa nomination n’est pas confirmée par le Ministère, faute d’appuis. Il sert comme capitaine dans l’une des compagnies franches levées contre l’armée piémontaise, puis en 1794 dans le 10e bataillon des volontaires de l’Isère en qualité de quartier-maître.

Auditeur assidu des cours d’économie politique et d’analyse des sensations (c’est-à-dire de l’entendement), signataire des pétitions du 24 germinal et du 5 floréal, il est nommé, à son retour de l’École normale, administrateur du district de Grenoble pour le court laps de temps où ces unités administratives subsistent. Marié le 30 brumaire an IV (21 novembre 1795) à la soeur de son condisciple Gabriel Genève, Joséphine, il est nommé le 6 août 1796 professeur de législation à l’École centrale de Grenoble, fonction qu’il exerce jusqu’en 1804, tout en continuant à dispenser des cours particuliers. Lorsque l’École de droit de Grenoble est créée en novembre 1805, il y est nommé professeur de procédure civile. Le 8 mars 1815 il se rend avec le corps académique auprès de Napoléon de retour de l’Ile d’Elbe, de passage à Grenoble. Cette démarche lui vaut d’être suspendu en novembre 1815 pour une année. En octobre 1819 il est appelé à occuper la chaire de procédure civile à la Faculté de droit de Paris, fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort. Sa veuve se manifeste alors pour demander la réversion de sa pension annuelle viagère qui s’élève à 1666 francs.

Jacques Berriat Saint-Prix avait, dès 1796 (floréal an IV), participé à la création du Lycée de Grenoble devenu en l’an X Société des Sciences, des Lettres et des Arts. Correspondant dès 1807 de l’Académie celtique il devient en 1820 membre de la Société des Antiquaires de France et est élu en 1840 à l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Sa production littéraire, historique, juridique et administrative est considérable. Elle manifeste un esprit ouvert aux sciences sociales tant à l’analyse démographique d’une mortalité différentielle selon les professions qu’à l’économie politique et aux conséquences que l’on peut tirer, dans ce domaine, de la Révolution française.

Sources

[AD Isère - L 510 f.9 ; L 703 f.473v-474 ; AM Grenoble – mariages an IV, n°21 ; AN – F17/1344/6 ; F17/20150 (dossier de retraite) ; R. Tissot, La Société populaire de Grenoble pendant la Révolution, Grenoble, 1910, p.198 ; A.H. Taillandier, « Notice sur la vie et les travaux de M. Berriat-Saint-Prix (doyen des membres de la société royale des Antiquaires de France », extrait des Mémoires de la Société Royale des Antiquaires de France, t XIII, 1846 ; A.-L.-H Duchesne, Notice sur la vie et les ouvrages de M. Berriat-Saint-Prix, professeur de procédure civile et de législation criminelle à l’École de droit de Paris… décédé à Paris le 4 octobre 1845 lue à l’Académie delphinale le 29 janvier 1847, Grenoble, 1847 ; A. Rochas, Biographie du Dauphiné, t I, Paris, 1856, p. 121-130 ; H. Laurain, Notice sur la vie et les œuvres de Jacques Berriat Saint-Prix, ancien professeur des Facultés de Grenoble et de Paris, Paris, 1889]