Barbier Antoine-Alexandre

De Ecole normale de l'an III
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Notice

-- BARBIER Antoine-Alexandre (Coulommiers, 11 janvier 1765 – Paris, 5 décembre 1825), fils de Nicolas-Valentin, marchand-tanneur, est nommé le 25 brumaire par le district de Meaux. Il réside alors comme marchand de cuirs à la Ferté-sur-Marne (ci-devant la Ferté-sous-Jouarre) d’où il adresse, le 12 frimaire suivant, une pétition au Conseil général de la commune afin de pouvoir laisser ses meubles dans le presbytère qu’il occupe : il est, écrit-il, « sur le point de partir à l’École Normale de Paris, pendant quatre mois ».

Étudiant au séminaire-collège de Meaux, lauréat de rhétorique en 1782, il est employé à Paris pour enseigner les mathématiques et la physique en qualité de maître de conférence au séminaire de Saint-Firmin où il demeure jusqu’en 1789, date à laquelle il est ordonné (vraisemblablement à Paris) prêtre, puis nommé vicaire d’Acy-en-Multien, dans l’Oise. Second vicaire de Dammartin-en-Goële l’année suivante, il y signe des actes de catholicité depuis janvier et se voit renouveler ses pouvoirs de vicaire en avril. Élu le 10 janvier 1791 à la cure constitutionnelle de la Ferté-sous-Jouarre par les électeurs du district, assermenté le 24 juillet suivant, il est choisi comme notable de la Ferté. Abdicataire les 30 brumaire et 21 frimaire an II (20 novembre et 11 décembre 1793), il épouse le 19 germinal suivant (8 avril 1794) Charlotte-Julie-Félicitée Maréchal.

En ventôse en III, alors qu’il suit les leçons de l’école normale, il est accusé par le conseil général de la commune de La Ferté-sur-Marne d’avoir « comme Chaumette, prêché l’athéisme et d’en avoir fait une profession de foi publique, ce dont il se défend dans un article de La Feuille Villageoise (5e année, n°31, 10 ventôse an III, p.483-487). L’école fermée, il demeure à Paris où il trouve à s’employer comme bibliographe auprès de la Commission temporaire des Arts. Commissaire près le canton de Coulommiers en l’an VI, employé au 5e bureau du Ministère de l’Intérieur, il déclare au Directoire de Seine-et-Marne, en 1798, qu’il a quitté La Ferté en frimaire an III et qu’il a depuis fixé sa résidence à Paris où il a « l’intention de demeurer définitivement ». Rayé du tableau des pensionnaires ecclésiastiques du département, il devient un temps conservateur du département provisoire de la Bibliothèque du Directoire (1798-1799), bibliothécaire du Conseil d’État, d’abord à Paris (1800-1807) puis à Fontainebleau. Il demande le 16 thermidor an XI – 4 août 1803 une dispense d’empêchement spirituel pour la réhabilitation de son mariage, « dispense qui tranquillisera deux familles sincèrement attachées à l’église catholique, apostolique et romaine ». Nommé par Napoléon comme bibliothécaire particulier, il travaille aussi auprès de l’Impératrice Joséphine et de Marie Louise et s’occupe de la création des bibliothèques des châteaux des Tuileries, de Compiègne, de Saint-Cloud, de Trianan et de Rambouillet. Il conserve sous la restauration sa place de bibliothécaire du Conseil d’État et se trouve nommé administrateur de la bibliothèque particulière du Roi dont il rédige le catalogue (1816-1819). Reçu dans l’ordre de la Légion d’honneur en 1822, il est destitué en septembre de la même année de ses fonctions. Malade, il décède le 5 décembre 1825, laissant un fils Louis à qui l’on doit une notice nécrologique.

Correspondant régulier de la Feuille villageoise sous la Révolution, on connaît de lui des articles publiés dans le Mercure de France, Le Magasin et la Revue Encyclopédique. Il fut par ailleurs un des collaborateurs de la Collection des classiques latins de Lamarre et l’auteur de plusieurs travaux de bibliographie et de philologie : un Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes (1806-1809), une nouvelle édition de la Nouvelle bibliographie d’un homme de goût par l’abbé Chaudon (1808-1810), une Dissertation sur soixante traductions françaises de l’Imitation de Jésus-Christ (1812) et un premier tome d’un Examen critique des dictionnaires historiques depuis le dictionnaire de Moreri jusqu’à la biographie universelle (1820).

Sources

[AD Seine-et-Marne – L 1273 ; L 558 ; L 58 ; Mdz 510, F. Bridoux, Paroisses et curés de Seine-et-Marne pendant la Révolution, fichier ms, Dammartin-en-Goële, La Ferté-sous-Jouarre ; Archives diocésaines de Meaux – DD 2 ; G. Darney, La Ferté sous Jouarre, Paris, 1995, p. 614, 624, 686-687 ; AN – F17 : 1050 d.2, 1073 d.22, 1081 d.2, 1202 d.2 n°371-390, 1203 d.17, 1240 (A) d.4bis n°26 et 4 quater n°153, 1263 d.10, 1356 d.1 n°21 ; AF IV 1913 d9 p. 110-112 et AF IV 1892 22e cahiers, p. 59 ; F. Bridoux, Histoire religieuse du département de Seine-et-Marne pendant la Révolution, tome 1, Melun, 1953, p. 78 ; L. Barbier, Notice biographique et littéraire sur M. A. A. Barbier, Paris, 1827, p. 1 ; L. Dupille, Notes pour servir à l’histoire de Dammartin, 1905, p. 14 ; L. Bobard, Étude sur les églises de la Ferté-sous-Jouarre, Meaux, 1895, p. 118-119 ; M. A. Edelstein, La Feuille villageoise..., Paris, 1977, p. 75-76 ; X. Maréchaux, n° 142]